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- Le Théâtre*: LAvare - Moliere - Roger Planchon :: moliere l avare
Apercu : Molière, nous affirma-t-on longtemps, fut le plus grand farceur de son siècle. Le misanthrope ne furent que des demi-succès. Vous y verrez à tout moment manier le bâton vigoureusement, dans la meilleure tradition du théâtre de tréteaux, et avec même quelques variantes subtiles et provocantes dans les figures imposées. Vous y verrez aussi un quiproquo, sans égal dans sa folie et sa vertu comique conduit aux limites extrêmes du jeu que permettent les mots. Leurs sentiments et leurs paroles sont superbes. Avare est une tragédie familiale. Vous y verrez un fils révolté affronter son père et une fille courageuse prendre en main son destin, comme nulle part ailleurs dans le théâtre classique. Vous y verrez un homme au coeur sec vaciller, perdre le contrôle de lui-même et du monde et perdre la raison. Voici ce soir, devant vous, un spectacle neuf, et non pas une «reprise», comme ont pu le craindre quelques esprits méfiants. L'essentiel demeure, nous avons retrouvé les empreintes de nos pas. Avec eux, des traits nouveaux sont apparus. Cléante peut maintenant trouver en lui le père qui lui manque, un complice, un père «voyou». Pour vivre dans cette maison, il faut savoir se taire et dissimuler. Valère, Élise, les enfants, ont été bons élèves, ils savent mentir. Tout ceci était déjà clairement joué dans notre première version. Voici et pourquoi, et comment. Municipal ou un catalogue de salle des ventes, un descriptif de meubles encombrants, professionnel, précis et évocateur. Harpagon pourrait entreposer ce bric-à-brac de brocanteur. En quelque mots, il souligne la contradiction entre sa douceur, ses manières affables et prévenantes, et la dureté de son âme, la sécheresse de son coeur. Harpagon, redoutable parce que jovial. L'avare un film et notre spectacle actuel se souvient du montage des scènes imaginées pour le scénario. Paris, du 16 octobre 1986 au 8 février 1987. Planchon écrivit les notes que voici. Presque toutes les oeuvres sombrent dans le néant. Celles qui demeurent deviennent «les classiques». Solides et rassurants piliers de notre culture. Mais peut-être les classiques ont-ils une fonction plus secrète. Xe siècle, tout change : les «classiques» naissent. On peut le déplorer, mais les choses sont liées : la naissance des classiques donne le pouvoir aux metteurs en scène. Le gardien du musée «restaure» et présente les oeuvres. Dullin en épingle quelques-unes, surprenantes. Au mieux, des générations de régisseurs paresseux se sont transmis quelques «gags» poussifs. Or, toutes les interprétations se contredisent. L'avare passe de la farce au drame, et du drame à la farce. Et les piliers de notre culture ont bien une fonction secrète : nous renvoyer à nous-mêmes et nous interroger. Notre paresse nous ferme les grandes oeuvres classiques. En premier, le nom du héros. Tartuffe» risque déjà de se perdre. Orgon a laissé entrer dans sa maison et dans son coeur. Et nous avons pour finir ce que le titre promettait : un avare. Pour que la chute de cette histoire sonne vrai, il faut, comme toujours, jouer la pièce en ignorant le dénouement. Elle doit vivre sa vie secrète. Est-il plus beau combat, plus belle empoignade que ces sensibilités diverses affrontant un grand texte ? Planchon met en scène et joue. Sa vie se passe sur le plateau. Avec ses acteurs, il partage les dangers et les plaisirs des représentations et des tournées théâtrales. Pas forcément musclé, ni séduisant. Serrault dans le rôle titre. Serrault se soit ainsi exposé. Et un sens culotté du défi. Le spectacle avait pourtant débuté avec gaieté. Marianne, dont il lèche la main comme un chien, la foi en lui-même insidieusement le quitte. Planchon joue admirablement cette progressive dépossession de soi. Il y a donc beaucoup de vivacité et de mouvement sur scène. Molière le tableau social au sein duquel opérait un «avaricieux» diabolique. Harpagon tantôt avec gravité, tantôt avec une joie rigolarde. Pour une analyse de la représentation.
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Apercu : Billetterie et reprise des abonnements le 4 septembre.
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